Journée 1 : c’est fatigant de marcher

5 décembre 2009 — publié par cwis

Cette première journée de recherche a été plutôt bien remplie. J’ai commencé par contacter les offres que j’avais notées la veille, puis j’ai mis à jour mon classeur avec de nouvelles, aussi bien du Particulier que d’agences. Cependant, il semble que le samedi ne soit pas la meilleure journée pour démarcher les agences : beaucoup n’ont pas répondus à mes appels téléphoniques et certaines avaient leur département Location fermé le samedi. Du coup, à midi, je n’avais qu’un seul rendez-vous pour la journée : à 14 H, un studio de 35 m² situé rue des Boulets (héhé, je ne sais pas vous, mais j’ai toujours rêvé d’habiter là-bas) et je suis donc parti dans l’objectif de faire une tournée des agences physiquement, plutôt que par téléphone.

Direction Jules Joffrin, je parcours la rue Ordener. Il y a beaucoup d’agences sur cette rue, et elles sont pour la plupart ouvertes le samedi (note : il faut distinguer les agences qui disent qu’elles sont ouvertes le samedi et celles qui le sont vraiment ; les premières se confondent avec les agences immobilières en général alors que les deuxièmes sont un sous-ensemble un peu particulier). Je donne à chaque fois mes critères de recherche — en simplifié, hein : un studio ou un petit deux pièces, sur le métro 4 au nord de Châtelet, 9 ou 2, pour environ sept-cent cinquante euros. La première agence me propose deux biens qui correspondent (et qui, sur le papier, ont l’air bien) mais je dois rappeler lundi parce que « la personne qui s’en occupe ne travaille pas le samedi ». La deuxième me propose aussi quelque chose mais le seul créneau pour la visite c’est 14 H : comme je suis déjà pris, on replanifie ça mardi après-midi. Les autres agences ne donnent rien d’intéressant et, mine de rien, il commence à être l’heure de mon rendez-vous : je file donc rejoindre le métro 9. (Au passage, je marchais vers l’ouest alors que je croyais que je marchais vers l’est. Ça m’arrive tout le temps ce genre de trucs, c’est rageant.)

Autant être franc : l’appartement que j’ai visité n’était pas terrible. Déjà, les gens qui sortaient de la visite avaient tous un air exaspéré : « ça devrait pas être permis de louer un truc pareil », « moi j’ai pas donné de dossier, il faut pas rêver ». Ambiance. Au bout d’un moment, le propriétaire vient chercher les gens qui étaient en bas. Un type patibulaire1, avec qui j’ai partagé un moment angoissant dans l’ascenceur où il me décrivait avec enthousiasme son embonpoint  et les conséquence que ça avait sur le nombre de personne qui pouvait tenir dans l’ascenceur (« parce que voyez vous, comme je pèse cent vingt kilos, avec mes bourrelets, je compte pour plus d’une personne, mais quand on est gros, il faut en être fier, c’est ce qu’on est, moi je suis gros, et voilà tout »). Hum.

Quant à l’appart’, il était vraiment mal agencé : 35 m² dont probablement 9 m² de couloir, une grande pièce à vivre mais pas d’emplacement pour un lave-linge. Niet, donc. Petite perle, je vous laisse apprécier le « balcon plein ciel » :

Balcon ouvert sur le ciel

La photo est mal cadrée, il doit aussi y avoir une dizaine de centimètres en amont du pot de fleur. Enfin, de là à qualifier ceci d’un « balcon »…

Une fois sorti, je suis remonté vers République, en continuant à m’arrêter dans les agences sur mon chemin. Pas beaucoup de succès non plus, mais une petite anecdote que je me dois de vous raconter. Je rentre dans une étude dont les locaux étaient un peu étroits : la pièce principale, tout en longueur, était séparée par un bureau derrière lequel se trouvait une petite fille d’une dizaine d’années, les yeux bleus et le regard sage, en train de cliquer sur l’ordinateur de l’agence. Je lui fais un sourire en lui disant bonjour, j’entends son père parler au téléphone dans la salle du fond. La fillette me demande pourquoi je viens, je lui explique que je cherche à louer un studio ou un deux pièces, et elle me répond que la personne qui s’en occupe est parti en disant qu’elle revenait dans cinq minutes mais que, elle, n’y croyait pas trop, et qu’elle pensait que ça mettrait plus longtemps que ça. L’homme au téléphone passe dans la pièce, je lui redis la même chose, et il me répond également que le chargé des locations est parti et que le plus simple est qu’il me donne sa carte pour que je le rappelle lundi. Puis, il repart dans une autre pièce : je m’aperçois alors qu’il y a d’autre clients, et qu’il est en rendez-vous avec eux. Pendant ce temps, la petite fille aux cheveux blonds et aux mimiques malicieuces me regarde et me demande le plus naturellement : « vous cherchez à Paris ou en banlieue ? » Moi : « Paris, c’est mieux. » Elle : « Quelle surface vous voudriez avoir ? » « Oh, environ 25 mètres carrés. » « Pour un studio ou un deux pièces ? » « Oui, exactement. » « Et quel est votre budget ? » « À peu près 750 par mois. » « J’ai un grand studio pour 595 €, à Créteil. » « Ah oui, mais ça n’est pas à Paris, ça ! » « Ah alors j’ai Montorgueil, 650 €, 20 mètres carrrés. » « Ah pourquoi pas, c’est dans Paris ça, mais je sais pas où c’est. » « Hum — elle fait la moue — moi non plus je ne sais pas où c’est. » Et, à ce moment là, les clients sortent de leur pièce, puis font signe à leur fille, qui me fait un dernier sourire et passe sous le bureau rejoindre ses parents. Ah. Donc, la fille, c’était la fille des clients, et pas du tout la fille de l’agent immobilier. Et, à priori, c’était la première fois qu’elle utilisait ce logiciel. Bien. L’agent immobilier, quant à lui, me regarde une dernière fois, me tend une carte, et avant de me laisser, me confie : « je ne peux pas vous aider, mais rappelez mon collègue lundi, lui pourra vous dire si on a des choses en location qui peuvent vous intéresser. »

De retour dans mon périble, sur le chemin vers République : toujours rien. J’ai terminé en sautant à Château Rouge en métro et en poussant jusqu’à Porte de Clignancourt mais, hélas, rien non plus de ce côté là.

Même si la journée était quand même bien fatigante, j’ai pu amasser une dizaine de cartes de visites, passer au moins une cinquantaine de coups de téléphone, me rendre compte que ça n’est pas que pour l’effet psycho-dramatique que l’on dit que le marché des locations est un peu bouché à Paris, et trouver le courage de rappeler d’autres annonces de PÀP une fois revenu à la maison. Demain, j’ai trois visites de prévues : un studio à côté de Barbès, un autre près de Saint-Ambroise et un deux pièces à côté de Château-Landon.

À demain !

  1. mais presque, comme dirait Michel — merci Mat pour la correction []

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3 commentaires sur “Journée 1 : c’est fatigant de marcher”

  1. Mat dit :

    C’est pas Pierre, c’est Michel (Colucci), dans le sketche “Le Flic” :-)

  2. Wizou dit :

    ahah, j’adooore la fillette, plus efficace que le gars de l’agence :))

  3. cwis dit :

    Ho merci Mat ! Je ne connais plus mes classiques, ça doit être la fièvre (@#! de bronchite, soit dit en passant).

    Wizou, oui hein ! Quand on dit que les jeunes de demain auront l’informatique dans la peau, on ne se trompe peut-être pas tant que ça…

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