Il était une fois l’histoire de la princesse Cloporte

23 octobre 2008 — publié par cwis

Cette nouvelle est en plusieurs parties.

« Il était une fois une princesse, dans un royaume reculé. Elle attendait son Prince charmant, comme elle avait l’habitude de le faire depuis longtemps, si longtemps déjà. Lui ne viendrait peut-être jamais, elle continuait comme toujours d’espérer et avait prit soin de disposer quelques objets romantiques sur une table qu’elle dressait tous les soirs, dès le soleil couché, sur son petit balcon presque en ruine. Il y avait une rose flétrie dont seuls les piquants résistaient encore à l’épreuve du temps, une bouteille d’un piètre vin mais qui reproduisait l’emballage d’un cru exquis et un encensoir qui ne se souvenait de la dernière fois qu’il lui fût donné l’occasion de brûler. Enfin, il y avait une bougie, bancale sur son socle fêlé, dont la faible lueur vacillante révélait la misère dans laquelle vivait Cloporte — c’était le nom de la princesse.

Ce soir était celui de la pleine lune. Une nuit plein d’espoir, se disait-elle, se remémorant les contes d’enfant qui relataient toutes ses princesses dont le Prince charmant arrivait sur sa monture dorée, éclairé par les reflets fantasmagoriques de la lune. La lune avait une sorte de pouvoir sacré d’unir les princesses esseulées et les princes charmant, c’était sûr. Cloporte ne pouvait se tromper : bientôt, un bruit pourfendra le calme habituel des vautours et, à l’horizon, jaillira un chevalier mystérieux qui s’empressera de libérer Cloporte de sa longue solitude.

Les heures passaient comme les questions. À quoi allait-il ressembler ? Sera-t-il blond, brun, ou plutôt châtain ? Aura-t-il une barbe, juste un bouc ? Des certitudes contre-balancaient ces interrogations. Il sera fort, musclé, suffisamment rebelle mais autant farouche, fidèle et honnête. Il aura sûrement des marques sur le front qui témoigneront de sa bravoure et qui seront la marque des aventures passionnantes qu’il aura vécu à libérer des pauvres gens sous le joug tyrannique d’un roi maléfique ou des combats épiques contre des créatures inimaginables venus conquérir le monde avant de trembler sous la force divine du Prince.

Las, un coq allait bientôt interrompre ces divagations. Le coq, malgré lui, interrompait souvent les folles divagations de Cloporte, car avec le chant du coq venait également la rosée, qui, à son tour, annonçait que le matin allait, encore une fois, gagner son combat contre la nuit. Épuisée d’avoir attendu en vain, Cloporte rangerait méticuleusement ses affaires, sans bruit, dans une immense commode en bois massif, toujours au même endroit ; puis, elle traînerait sa table sur le sol, dans un vacarme routinier, et, enfin, elle irait dans sa chambre se coucher après avoir bu quelques gouttes d’une potion que son alchimiste lui avait donné comme remède à ses insomnies.

Ce matin là, les choses se passaient comme d’accoutumée.

Ou, plutôt : presque comme à leur accoutumée.

À suivre…

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7 commentaires sur “Il était une fois l’histoire de la princesse Cloporte”

  1. [...] nouvelle en plusieurs parties démarre ici. Merlin était un homme d’un âge certain, à la barbe blanche et à l’expérience [...]

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