Archive pour octobre 2008

Il était une fois l’histoire de la princesse Cloporte (partie 2)

Dimanche 26 octobre 2008

Cette nouvelle en plusieurs parties démarre ici.

Cloporte avala sa décoction, se frotta la main contre le visage, et s’allongea. Seulement, elle n’avait pas sommeil. Quelque chose n’allait pas : elle aurait du voir son Prince charmant. Si ce n’était aujourd’hui, elle aurait du le voir, au moins un autre jour de sa longue vie, durant laquelle elle avait méticuleusement et patiemment attendu. Cloporte était tracassée, beaucoup plus tracassée qu’à son habitude. Quelque chose n’allait pas. Était-ce elle ? Avait-elle oublié de faire une de ces choses que devraient faire naturellement toutes les princesses, et dont l’action provoque l’arrivée imminente d’un Prince ? Était-ce la faute d’une mauvaise fée qui lui aurait jeté un quelconque présage maléfique ? Pouvait-elle faire quelque chose ? Demander conseil à quelqu’un ? Ne risquait-elle pas de mourir sans jamais avoir caressé du regard son doux Prince ?

Ce matin là, Cloporte resta sur son lit, sans réussir le moins du monde à s’endormir. Sur le dos, sur le côté, sur le ventre, sur les draps, les jambes en croix ; aucune configuration ne donnait plus de succès qu’une autre, si bien qu’à midi, las de ne trouver ni le Prince, ni le sommeil, elle se leva et se dirigea vers sa toilette.

Si son miroir avait été doté de quelques capacités à la surprise, c’est précisément la chose qu’il aurait exprimé en voyant la princesse ce jour là. De mémoire de miroir, cela faisait des années que l’on avait vu celle-ci éprouver des difficultés à s’endormir. Pas depuis la potion miracle de l’alchimiste. Cependant, son miroir était un miroir conventionnel, qui ne savait que refléter les images. Il reflétait la tête bouffie de la princesse, son teint pâle, sa peau vieillie par le regret et attaquée par des rides précoces et des verrues putréfiees. 

La princesse se rinça rapidement la tête — comme pour se rincer rapidement les idées — puis se dirigea vers sa garde-robe. Ce jour-là, elle choisit sa plus belle robe : elle était en soie noire, avec de la dentelle rouge, presque à sa taille. Ses mites l’avaient relativement bien épargné.

Une fois sortie, elle héla une cariolle et se fit transporter vers la hutte de Merlin. 

À suivre…

Il était une fois l’histoire de la princesse Cloporte

Jeudi 23 octobre 2008

Cette nouvelle est en plusieurs parties.

« Il était une fois une princesse, dans un royaume reculé. Elle attendait son Prince charmant, comme elle avait l’habitude de le faire depuis longtemps, si longtemps déjà. Lui ne viendrait peut-être jamais, elle continuait comme toujours d’espérer et avait prit soin de disposer quelques objets romantiques sur une table qu’elle dressait tous les soirs, dès le soleil couché, sur son petit balcon presque en ruine. Il y avait une rose flétrie dont seuls les piquants résistaient encore à l’épreuve du temps, une bouteille d’un piètre vin mais qui reproduisait l’emballage d’un cru exquis et un encensoir qui ne se souvenait de la dernière fois qu’il lui fût donné l’occasion de brûler. Enfin, il y avait une bougie, bancale sur son socle fêlé, dont la faible lueur vacillante révélait la misère dans laquelle vivait Cloporte — c’était le nom de la princesse.

Ce soir était celui de la pleine lune. Une nuit plein d’espoir, se disait-elle, se remémorant les contes d’enfant qui relataient toutes ses princesses dont le Prince charmant arrivait sur sa monture dorée, éclairé par les reflets fantasmagoriques de la lune. La lune avait une sorte de pouvoir sacré d’unir les princesses esseulées et les princes charmant, c’était sûr. Cloporte ne pouvait se tromper : bientôt, un bruit pourfendra le calme habituel des vautours et, à l’horizon, jaillira un chevalier mystérieux qui s’empressera de libérer Cloporte de sa longue solitude.

Les heures passaient comme les questions. À quoi allait-il ressembler ? Sera-t-il blond, brun, ou plutôt châtain ? Aura-t-il une barbe, juste un bouc ? Des certitudes contre-balancaient ces interrogations. Il sera fort, musclé, suffisamment rebelle mais autant farouche, fidèle et honnête. Il aura sûrement des marques sur le front qui témoigneront de sa bravoure et qui seront la marque des aventures passionnantes qu’il aura vécu à libérer des pauvres gens sous le joug tyrannique d’un roi maléfique ou des combats épiques contre des créatures inimaginables venus conquérir le monde avant de trembler sous la force divine du Prince.

Las, un coq allait bientôt interrompre ces divagations. Le coq, malgré lui, interrompait souvent les folles divagations de Cloporte, car avec le chant du coq venait également la rosée, qui, à son tour, annonçait que le matin allait, encore une fois, gagner son combat contre la nuit. Épuisée d’avoir attendu en vain, Cloporte rangerait méticuleusement ses affaires, sans bruit, dans une immense commode en bois massif, toujours au même endroit ; puis, elle traînerait sa table sur le sol, dans un vacarme routinier, et, enfin, elle irait dans sa chambre se coucher après avoir bu quelques gouttes d’une potion que son alchimiste lui avait donné comme remède à ses insomnies.

Ce matin là, les choses se passaient comme d’accoutumée.

Ou, plutôt : presque comme à leur accoutumée.

À suivre…

I’ve Learned Something Today: la ploutocratie

Mardi 21 octobre 2008

La ploutocratie consiste en un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir1.

  1. Wikipedia, TLFi. []

L’affaire est dans le sac

Mercredi 15 octobre 2008

Vous êtes tranquillement installé à votre bureau, lorsque l’envie de jeter quelque chose1 vous prend par surprise.

Vous observez alors votre corbeille. Et là ; c’est le drame : le sac est sale2.

Vous n’allez pas jeter quelque chose de propre dans une corbeille sale. Que faire ? Vous ne pouvez pas non plus bêtement mettre le sac à la corbeille pour vous en débarasser, vu qu’il y est déjà et que précisemment le sac n’est pas changé.

  1. En occurence, un jeu de mot. []
  2. Les agents d’entretien ne les changent pas systématiquement. C’est du développement durable très efficace car très économique pour l’entreprise qui l’applique. []

Bienvenue à toi, mon ami premier lecteur !

Mercredi 15 octobre 2008

Oui, d’habitude, l’édition fête plutôt le millionième lecteur.

D’ailleurs, on aurait parfaitement pu fêter, par anticipation, ce millionième lecteur dès aujourd’hui. Et lui offrir un mois de vacances de rêves dans une contrée paradisiaque. Quand on peut rendre service, pourquoi ne pas le faire ?

Mais, ça aurait été trop simple.

Soyons ambitieux.

Plutôt :

Toi qui est le premier lecteur : bisou.