Bonne humeur et blanc bonheur, partie 1

25 février 2010 — publié par cwis

rose

Mika frappa à la porte. Il arborait une combinaison Cerruti noire posée sur un t-shirt blanc, les cheveux bruns coupés ras, la barbe naissante contrôlée et une bague en or blanc soigneusement positionnée sur son index gauche. Un dernier coup d’œil dans le rétroviseur de sa Porsche grise toutes options (celles du catalogue mais aussi celles en dehors) lui avait donné l’assurance que sa coiffure était impeccable et qu’il était fin prêt pour la positivation.

— Oui ?

La femme qui ouvra la porte avait la quarantaine bien tassée. Un observateur finement placé aurait pu déterminer qu’elle venait de se lever : mais c’était là bien méconnaître les habitudes vestimentaires de Lorenza Fortevica. Femme désavouée d’un riche homme d’affaire italien, cette ancienne top-model était depuis bien longtemps trop affairée à se lamenter sur son triste sort pour pouvoir accorder ses habits avec les coutumes scélérates de la société qui l’entourait ; aussi il n’était pas inhabituel pour elle de revêtir une robe de soirée pour le petit-déjeuner, tout comme il pouvait également lui être parfaitement agréable de faire son repassage en maillot de bain ou encore de faire ses courses en tenue de ski. Là, Lorenza Fortevica avait décidée de rendre visite à son garagiste et ami Toni (beau mâle, musclé, sec, grand, vingt et un ans, imberbe et portant ce délicieux parfum de chez Azzaro). C’est donc tout naturellement qu’elle fit un tour mental de ses robes de chambre avant de choisir celle qu’elle avait ramenée d’une visite à Venise, d’un certain couturier excentrique, vieux et charmeur, le crâne aussi dégarni qu’il était amusant. Il aimait à se faire appeler Bingo King, et avait bien entendu été l’un de ses nombreux amants — c’est de cet amour aussi lubrique, passionnel et superficiel que Lorenza avait ramené ce merveilleux pyjama jaune.

— Chère Madame, dites-moi, ai-je le plaisir de parler à Madame Lorenza Fortevica ?

Lorenza dévisagea son inconnu de haut en bas. Il était beau : de là, elle pouvait en déduire qu’il s’agissait sûrement d’un homme de confiance, et passa rapidement les autres vérifications mentales avant de continuer l’entrevue.

— Pour vous servir, répondit-elle. Ne restez pas dehors voyons, procédons à l’intérieur si vous avez l’obligeance de bien vouloir me suivre.

Mika sortit subrepticement un calepin de sa poche, vérifia une indication, puis suivi Lorenza dans les dédales de sa demeure. Il compta au moins huit portes sur le côté gauche du corridor et autant sur le côté droite avant de rejoindre une gigantesque pièce qui occupait deux étages de la maison et au centre de laquelle était disposée en triangle une fontaine en marbre décorée de plantations aussi esthétiques que verdoyantes, un piano à queue qui semblait rivaliser avec les miroirs de l’entrée tellement le vernis semblait fraîchement disposé et une statue hindoue d’un goût douteux dont le seul intérêt semblait effectivement de compléter le triangle décoratif.

— Installez-vous donc dans ce canapé. Vous voulez un café ? Ou peut-être un jus de fruits ? Pourquoi pas les deux ? Je reviens.

***

En un éclair, Lorenza était repartie, laissant à Mika le loisir d’observer plus finement la décoration. La partie sud était occupée par une énorme baie vitrée cathédrale, dont la légèreté contrastait agréablement avec le reste de la pièce qui semblait pouvoir occuper sans discussion une place dans le livre Guinness des records à la section consacrée aux aménagements intérieurs comprenant le plus grand nombre d’objets. En vrac, Mika put distinguer un ours en peluche blanc, un ours en peluche blanc avec des cœurs, un ours en peluche blanc avec des cœurs et un nœud rouge, un ours en peluche marron, une reproduction de la tour Eiffel en métal, une reproduction de la tour Eiffel en plastique noir, un tableau représentant les deux reproductions qu’il venait de voir côte-à-côte, un vase en verre rempli de petits papiers (eut-il eu le courage de s’en approcher qu’il aurait repéré des tickets de métro usagés), un vase en verre rempli de gros papiers (eut-il eu le courage de s’en approcher que, cette fois-ci, il aurait repéré des billets d’avions usagés), une statue représentant…

— Voilà, voilà.

Pris dans son élan contemplatif, Mika en avait presque oubliée la présence de Lorenza. Celle-ci avait pris la coquetterie de revêtir un chapeau jaune assorti, subliment décoré d’un réel petit poussin empaillé.

— Et bien, mon cher Monsieur, que me vaut l’honneur de votre visite ? Je crois, si je ne me trompe, que nous n’avons pas encore été présentés ?

— En effet, ma chère Madame ! Je suis Mika Trösdendorf, et je viens frapper à votre porte, car il se trouve que nous sommes voisins.

— Vrai ! Quelle chance. (Elle ravala un petit sourire coquin.) Vous devez être heureux d’habiter ce quartier ! (Un autre sourire coquin, délicatement transformé en clin d’œil.) Ah ! mais, assez parlé de moi, dites-moi donc, qui êtes vous ? Qu’est-ce qui vous amène parmi nous ?

Mika obliqua à nouveau son regard vers son petit calepin.

— Et bien, les affaires ! Je suis consultant en placement financier et mon patron clame que « malgré la crise, business as usual » — c’est de l’anglais (« ha ! », fit Lorenza) et cela veut dire que, même lorsque les carottes sont cuites, il ne faut pas arrêter d’appâter les lapins (« ho ! » fit Lorenza). Donc, direction Port-aux-Cerises (c’était le nom de cette charmante bourgade bourgeoise), nous allons ouvrir un nouvel espace d’ici quelques semaines dans le centre ville, dédié aux jeunes entreprises dynamiques qui veulent investir un peu de leur liquidités. Et, comme j’ai été élu deux années de suite le meilleur employé de l’année…

— Comme c’est impressionnant ! l’interrompit soudainement Lorenza.

— Oui, merci… donc, je disais, comme mon patron, Mika — quel hasard, il porte le même prénom que moi…

— Ah mais c’est délicieusement exquis ! glossa-t-elle.

— Oui, n’est-il pas ! reprit Mika. Donc — il se racla la gorge pour reprendre ses idées, et en profita pour jeter un coup d’œil à son calepin dans l’opération — Mika, mon patron m’a dit : Mika, tu es l’homme qu’il me faut, va à Port-aux-Cerises, fais fructifier notre savoir-faire, car toi, tu connais tout de « Placements et bénéfices », c’est le nom de la compagnie, tu va pouvoir monter cette filiale, et nous faire devenir riches et encore plus riches !

***

À partir de cet instant, Lorenza cessa de l’écouter. Elle devina son torse musclé, fixa son menton profilé, imagina ses jambes dimensionnées, mesura mentalement ses épaules taillées, rêva de son ventre chocolaté, et remercia la providence pour ce cadeau. Lui parla de placements, expliqua comment la société s’arrangeait pour prélever sa quote-part lorsque le client perdait de l’argent grâce à des opérations de couverture et comment elle s’arrangeait pour prélever sa quote-part lorsque le client gagnait de l’argent grâce à des commissions exorbitantes, mais, pendant tout ce temps, Lorenza était pris dans le tourbillon enivrant du monde des fantasmes dirigées par Monsieur-le-chef-d’orchestre Trösdendorf.

— Comme c’est passionnant ! lâcha-t-elle, lorsqu’elle sentit que la discussion semblait toucher sa fin, avant de poliment raccompagner son voisin à sa porte après avoir pris grand soin de s’assurer que celui-ci reviendrait la voir le plus vite possible (« mais voyons, c’est tout naturel qu’entre voisins, nous organisions un petit repas en tout simplicité pour faire plus profonde connaissance »).

***

Dehors, Mika sortit une carte de visite de la poche de son tailleur. Celle-ci portait le nom de Ignazio Fortevica. Si cet Ignazio Fortevica partageait le nom de famille de Lorenza, ce n’était pas là un hasard : Ignazio était son mari. Mika composa le numéro sur son téléphone.

***

Au même instant, Ignazio profitait du soleil couchant sur Florentina III, son dernier yacht blanc, au large de San Nicolao, sur la côte ouest de la Sicile, lorsque la sonnerie de son téléphone portable retentit.

— Valentina d’amour, apporte mon téléphone, veux-tu ? proféra Ignazio d’une voix grave et autoritaire.

Une fille brune au corps d’ange qui était paisiblement allongée de l’autre côté du yacht se leva à ce moment. Elle était jeune, mais pour Ignazio, elle était surtout belle et docile. Cheveux mi-longs, yeux marrons, ses jambes se battaient avec ses doigts de pieds au concours de celui qui serait le plus fin tandis que sa silhouette merveilleusement proportionnée donnait l’impression de se fondre dans l’air lorsqu’elle se mouva pour apporter son téléphone à ce vieil homme au cigare et aux poils gris débordant de son marcel blanc, lui tendant l’objet sans même faire l’effort de croiser son regard et revenant aussitôt s’allonger précisément où elle était installée quelques minutes auparavant.

Ignazio attendait ce coup de téléphone : il sourit et décrocha.

— Mika, mon vieil ami !

« Mon vieil ami » était peut-être une expression un tantinet exagérée alors qu’Ignazio et lui s’étaient vus pour la première fois il y a quelques semaines, mais c’était la coutume pour Ignazio d’appeler ainsi les gens avec qui il faisait du business. C’était un (vrai) ami qui lui avait recommandé les services de Mika. « Tu va voir, Ignazio, tu ne va pas être déçu. Pour tes affaires, contacte donc Bonne humeur et blanc bonheur, je te garantis que tu va me remercier de m’avoir écouté. »

« Bonne humeur et blanc bonheur » : tel était le vrai nom de la société pour laquelle travaillait Mika. Et, à ce moment précis, Valentina (qui ne s’appelait pas réellement ainsi) avait beau être allongée nue et vaguement offerte à son plaisir, rien sur cette terre n’aurait pu distraire Ignazio d’écouter avec la plus grande attention les nouvelles qu’allaient lui donner son « vieil ami ».


Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas encore terminé cette histoire. J’ai des idées, mais j’ai besoin de vous pour m’aider à choisir laquelle prendre ! Alors, plutôt vaudeville, aventure à rebondissements, nonsense, conte pour adulte ?

Journée 2 : byzance sur les apparts sympa

7 décembre 2009 — publié par cwis

Autant hier, j’étais plutôt déçu à la fin de la journée, autant aujourd’hui, les trois appartements que j’ai visité étaient bien. Ça me remonte un peu le moral, du coup !

Le premier appartement est un studio de 27 m² sur le boulevard de Rochechouart, bien placé, dans un immeuble plus agréable que ce ça quoi je m’attendais. La vue n’est pas top (comprendre que c’est un mur sur l’immeuble d’en face) mais au prix imbattable de 568 € charges comprises, je signe n’importe quand. Chauffage et eau chaude individuels au gaz.

Le deuxième appartement est celui que j’ai le moins aimé de la journée. Un studio de 24 m² très mal agencé, avec une salle de bains qui doit bien faire à peu près un tiers de la surface de l’appartement. La vue sur l’église Saint-Ambroise est quand même reposante mais je ne suis pas sûr qu’elle vaille les 850 € cc (vous avez bien lu ; et le chauffage est individuel).

Le dernier appartement est mon coup de cœur de la journée : un T2 de 35 m²  à côté de Gare de l’est pour 835 € cc. Je n’étais pas très sûr d’aimer l’endroit avant d’y aller mais tout compte fait, cet appart’ est vraiment bien. Lorsque j’y suis allé, la propriétaire m’a proposé de signer tout de suite et j’ai (bêtement ?) refusé pour prendre le temps de réfléchir. Maintenant, j’espère que je vais réussir à l’avoir parce que si ça n’était pas le cas, je m’en voudrais d’avoir repoussé mon accord (la prochaine fois, je donne mon accord de principe tout de suite, c’est idiot de réfléchir quand on a un coup de cœur de toutes façons).

Cher lecteur, tu va encore me dire que ce billet n’est pas très touffu et tu auras raison, mais c’est qu’à force d’être malade, de me lever aux aurores et de marcher toute la journée, je suis complètement fatigué le soir moi… alors, je vais me faire une tisane et te tiens au courant, en espérant pouvoir te dire que je vais habiter bientôt près de Château-Landon !

Journée 1 : c’est fatigant de marcher

5 décembre 2009 — publié par cwis

Cette première journée de recherche a été plutôt bien remplie. J’ai commencé par contacter les offres que j’avais notées la veille, puis j’ai mis à jour mon classeur avec de nouvelles, aussi bien du Particulier que d’agences. Cependant, il semble que le samedi ne soit pas la meilleure journée pour démarcher les agences : beaucoup n’ont pas répondus à mes appels téléphoniques et certaines avaient leur département Location fermé le samedi. Du coup, à midi, je n’avais qu’un seul rendez-vous pour la journée : à 14 H, un studio de 35 m² situé rue des Boulets (héhé, je ne sais pas vous, mais j’ai toujours rêvé d’habiter là-bas) et je suis donc parti dans l’objectif de faire une tournée des agences physiquement, plutôt que par téléphone.

Direction Jules Joffrin, je parcours la rue Ordener. Il y a beaucoup d’agences sur cette rue, et elles sont pour la plupart ouvertes le samedi (note : il faut distinguer les agences qui disent qu’elles sont ouvertes le samedi et celles qui le sont vraiment ; les premières se confondent avec les agences immobilières en général alors que les deuxièmes sont un sous-ensemble un peu particulier). Je donne à chaque fois mes critères de recherche — en simplifié, hein : un studio ou un petit deux pièces, sur le métro 4 au nord de Châtelet, 9 ou 2, pour environ sept-cent cinquante euros. La première agence me propose deux biens qui correspondent (et qui, sur le papier, ont l’air bien) mais je dois rappeler lundi parce que « la personne qui s’en occupe ne travaille pas le samedi ». La deuxième me propose aussi quelque chose mais le seul créneau pour la visite c’est 14 H : comme je suis déjà pris, on replanifie ça mardi après-midi. Les autres agences ne donnent rien d’intéressant et, mine de rien, il commence à être l’heure de mon rendez-vous : je file donc rejoindre le métro 9. (Au passage, je marchais vers l’ouest alors que je croyais que je marchais vers l’est. Ça m’arrive tout le temps ce genre de trucs, c’est rageant.)

Autant être franc : l’appartement que j’ai visité n’était pas terrible. Déjà, les gens qui sortaient de la visite avaient tous un air exaspéré : « ça devrait pas être permis de louer un truc pareil », « moi j’ai pas donné de dossier, il faut pas rêver ». Ambiance. Au bout d’un moment, le propriétaire vient chercher les gens qui étaient en bas. Un type patibulaire1, avec qui j’ai partagé un moment angoissant dans l’ascenceur où il me décrivait avec enthousiasme son embonpoint  et les conséquence que ça avait sur le nombre de personne qui pouvait tenir dans l’ascenceur (« parce que voyez vous, comme je pèse cent vingt kilos, avec mes bourrelets, je compte pour plus d’une personne, mais quand on est gros, il faut en être fier, c’est ce qu’on est, moi je suis gros, et voilà tout »). Hum.

Quant à l’appart’, il était vraiment mal agencé : 35 m² dont probablement 9 m² de couloir, une grande pièce à vivre mais pas d’emplacement pour un lave-linge. Niet, donc. Petite perle, je vous laisse apprécier le « balcon plein ciel » :

Balcon ouvert sur le ciel

La photo est mal cadrée, il doit aussi y avoir une dizaine de centimètres en amont du pot de fleur. Enfin, de là à qualifier ceci d’un « balcon »…

Une fois sorti, je suis remonté vers République, en continuant à m’arrêter dans les agences sur mon chemin. Pas beaucoup de succès non plus, mais une petite anecdote que je me dois de vous raconter. Je rentre dans une étude dont les locaux étaient un peu étroits : la pièce principale, tout en longueur, était séparée par un bureau derrière lequel se trouvait une petite fille d’une dizaine d’années, les yeux bleus et le regard sage, en train de cliquer sur l’ordinateur de l’agence. Je lui fais un sourire en lui disant bonjour, j’entends son père parler au téléphone dans la salle du fond. La fillette me demande pourquoi je viens, je lui explique que je cherche à louer un studio ou un deux pièces, et elle me répond que la personne qui s’en occupe est parti en disant qu’elle revenait dans cinq minutes mais que, elle, n’y croyait pas trop, et qu’elle pensait que ça mettrait plus longtemps que ça. L’homme au téléphone passe dans la pièce, je lui redis la même chose, et il me répond également que le chargé des locations est parti et que le plus simple est qu’il me donne sa carte pour que je le rappelle lundi. Puis, il repart dans une autre pièce : je m’aperçois alors qu’il y a d’autre clients, et qu’il est en rendez-vous avec eux. Pendant ce temps, la petite fille aux cheveux blonds et aux mimiques malicieuces me regarde et me demande le plus naturellement : « vous cherchez à Paris ou en banlieue ? » Moi : « Paris, c’est mieux. » Elle : « Quelle surface vous voudriez avoir ? » « Oh, environ 25 mètres carrés. » « Pour un studio ou un deux pièces ? » « Oui, exactement. » « Et quel est votre budget ? » « À peu près 750 par mois. » « J’ai un grand studio pour 595 €, à Créteil. » « Ah oui, mais ça n’est pas à Paris, ça ! » « Ah alors j’ai Montorgueil, 650 €, 20 mètres carrrés. » « Ah pourquoi pas, c’est dans Paris ça, mais je sais pas où c’est. » « Hum — elle fait la moue — moi non plus je ne sais pas où c’est. » Et, à ce moment là, les clients sortent de leur pièce, puis font signe à leur fille, qui me fait un dernier sourire et passe sous le bureau rejoindre ses parents. Ah. Donc, la fille, c’était la fille des clients, et pas du tout la fille de l’agent immobilier. Et, à priori, c’était la première fois qu’elle utilisait ce logiciel. Bien. L’agent immobilier, quant à lui, me regarde une dernière fois, me tend une carte, et avant de me laisser, me confie : « je ne peux pas vous aider, mais rappelez mon collègue lundi, lui pourra vous dire si on a des choses en location qui peuvent vous intéresser. »

De retour dans mon périble, sur le chemin vers République : toujours rien. J’ai terminé en sautant à Château Rouge en métro et en poussant jusqu’à Porte de Clignancourt mais, hélas, rien non plus de ce côté là.

Même si la journée était quand même bien fatigante, j’ai pu amasser une dizaine de cartes de visites, passer au moins une cinquantaine de coups de téléphone, me rendre compte que ça n’est pas que pour l’effet psycho-dramatique que l’on dit que le marché des locations est un peu bouché à Paris, et trouver le courage de rappeler d’autres annonces de PÀP une fois revenu à la maison. Demain, j’ai trois visites de prévues : un studio à côté de Barbès, un autre près de Saint-Ambroise et un deux pièces à côté de Château-Landon.

À demain !

  1. mais presque, comme dirait Michel — merci Mat pour la correction []

Journée 0 : c’est fatiguant de se préparer

5 décembre 2009 — publié par cwis

Alors, je suis à peine rentré hier de Chine, et je n’ai même pas eu le temps de lire mes mails, d’aller sur Facebook ou faire quoi que ce soit de reposant après douze heures dans un avion. Par contre, j’ai préparé mes dossiers : j’ai un un document Word de trente-deux pages avec mes pièces justificatives et un autre de dix-huit avec celles de mon papounet (il lui en manque quelques unes, j’espère que ça ira pour le moment — et de toutes façons je vais essayer de ne pas avoir à m’en servir comme garant si je peux). J’ai aussi des petites fiches de visites avec toutes les questions que je peux me poser, histoire de ne pas en oublier (car je suis en peu tête en l’air) : l’étage, s’il y a un gardien, comment arrive l’eau chaude et le chauffage et qui la paye, etc…

Le planning pour aujourd’hui : aller chercher un recommandé à la Poste, pour commencer. Ensuite, s’il ne fait pas nuit quand j’en sors (non je blague ça n’est jamais aussi long que ça un bureau de poste) j’appelle une douzaine d’agences et de particuliers que j’ai repéré hier soir sur www.pap.fr et www.seloger.com et j’enchaîne un maximum de visites. Au pire, si je n’ai pas de contacts, je pars à l’aventure dans le 18e et je frappe chez les agences immobilières au hasard en leur demandant s’ils ont des trucs.

Désolé de ne pas avoir été hyper proche de mon mail, de MSN et de FB hier soir, je te fais plein de bisous quand même lecteur adoré !

(Et pour me faire pardonner, je rajoute même la fiche de visite dont je t’ai parlé. Tu va pouvoir te moquer du fait que je ne pense vraiment à rien parce qu’il y a vraiment de tout comme questions dessus !)

Deux semaines, un appart’

1 décembre 2009 — publié par cwis

castle

Une fois n’est pas coutume, l’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui n’est pas une fiction. Mieux, vous allez la découvrir au fur et à mesure qu’elle se déroulera. Deux semaines, un appart’ : c’est le temps qu’il m’est donné pour trouver un appartement à louer sur Paris.

Pour le moment, mes critères sont comme suit, par ordre décroissant d’importance (mais cela dit, ils vont probablement évoluer selon les résultats de mes recherches) :

  • je cherche un studio vide (non meublé) d’au moins 29 mètres carrés pour moins de 750 € charges comprises ou 800 € cc lorsque celles-ci comprennent le chauffage ;
  • je me cantonne à la rive droite (le nord) parce que je vais rarement de l’autre côté de la Seine ;
  • il faut que l’appartement soit proche des transports, idéalement sur M1, M2, M3, M4, M8, M9 ou à une station ou deux de correspondance de ces lignes ;
  • j’aimerais avoir une baignoire, une cuisine séparée, un emplacement pour mettre un frigo, une cave sèche, pas de plaques de cuisson fournies avec l’appart (ou alors, au gaz ou induction) ;
  • du parquet (pas flottant) et des murs blancs ;
  • un gardien (toujours pratique pour les colis et recommandés).

Niveau timing, je rentre d’une mission à l’étranger ce vendredi, je commence donc mes recherches à partir du samedi 5 décembre. Je reprends l’avion pour la Chine le mardi 22 décembre, mon objectif va être d’avoir signé le bail avant.

J’ai déjà commencé à rassembler les documents suivants me concernant :

  • pièce d’identité ;
  • relevé d’identité bancaire ;
  • chèque annulé ;
  • attestation de bonne tenue de compte de ma banque ;
  • taxes foncières 2008 et 2009 ;
  • taxes d’habitation 2008 et 2009 ;
  • avis d’impôt sur le revenu 2008 et 2009 ;
  • mon contrat de travail ;
  • une attestation d’emploi ;
  • mes trois derniers bulletins de paie.

Comme mon père est supposé se porter garant, je lui ai également demandé de m’envoyer par la Poste une copie des mêmes documents. Si tout se passe bien, je devrais les recevoir d’ici samedi. Cela dit, pour compliquer un peu mes recherches, je vais quand même essayer de trouver un propriétaire qui accepterait de ne pas avoir de garants : en jouant sur le fait que je gagne beaucoup plus que le montant du loyer, je me demande si ça peut passer.

Pfiou. Plus que quelques jours avant de rentrer en France, je regarde les annonces, principalement via pap.fr et seloger.com, histoire de me faire un peu une idée.

Ami lecteur, si tu veux boire un verre avec moi ce WE, profites-en, j’en ai grave envie. Et si tu as des idées, des conseils ou quoi que ce soit qui pourrait m’être utile, n’hésite pas non plus !

À bientôt pour la suite !

Le grognon, journal grincheux paraissant le jeudi

14 novembre 2009 — publié par cwis

Une fois n’est pas coutume, ce texte n’est pas de moi. Il s’agit de la Une d’un journal intitulé le Grognon, paru le 30 septembre 1868, et exposé au musée de l’imprimerie à Lyon. J’ai respecté la typographie du texte original. Cliquez sur l’image pour en obtenir une version non réduite.

le_grognon

Faut-il grogner ?

Les uns disent : oui, et les autres : non.

Plusieurs de nos lecteurs se plaignent du premier numéro du Grognon, dont les allures manquent de nerf et d’enfrain.

D’autres, au contraire, nous reprochent des procédés cassants, qui ne sont ni dans notre caractère ni dans nos habitudes.

Aux premiers, nous rappellerons qu’un journal sans cautionnement a le droit de tout dire, excepté ceci et cela, et mille autres choses encore.

Les impatients peuvent méditer la tirade du Figaro de Beaumarchais.

Quant aux seconds, il nous sera permis de leur répondre que le Grognon entend jouir de l’indépendance la plus absolue et ne s’astreindra aux exigences d’aucun préjugé.

Lorsqu’un petit monsieur, par exemple, nous adresse une lettre insolente, et réclame comme un droit l’insertion de ses inepties dans le journal que nous dirigeons, nous nous croyons autorisés à lui répondre : Votre épitre n’aura de valeur à nos yeux, qu’autant que vos titres et qualités nous serons connus ; vous vous faites le Don Quichotte du Refusé auquel vous n’avez pas l’honneur d’appartenir, et qui certes, s’il se croit attaqué, n’a besoin de personne pour le défendre.

La publication de votre lettre aurait pour résultat de vous donner une petite notoriété qu’il vous sera difficile d’acquérir par les moyens ordinaires.

Il ne nous convient pas de prêter les mains à la petite comédie que vous avez rêvée ; nos lecteurs, d’ailleurs, ne comprennent que le français, et vous nous écrivez en auvergnat.

En voilà assez… au panier !

Là, l’envie de rire nous empêche de grogner.

Passons à autre chose.

Que fait la victime ?

27 octobre 2009 — publié par cwis

Dans la série des titres de presse totalement maladroits, il y a celui-ci, trouvé à l’instant sur le JDD par  Google News :

La victime décharge Polanski

Le prince, la princesse et le magicien

10 octobre 2009 — publié par cwis

lutin

Il était une fois une citrouille, une courgette, une carotte et une pomme de terre qui vivaient dans la hutte d’un magicien célèbre. Le magicien célèbre se dénommait Merlin. Il avait une longue barbe blanche et un chapeau pointu. Il habitait une hutte dans une forêt reculée, où personne n’allait jamais le déranger.

Il était une même fois un saphir, une écharpe en satin, une bague en or blanc et des chaussures de fée, qui étaient soigneusement posées dans le placard d’une princesse magnifique. La princesse magnifique se dénommait Lucie. Elle avait de longs cheveux dorés et des vêtements de princesses tout rigolos. Elle habitait dans un château cosy, caché dans une maison bourgeoise que personne ne pouvait suspecter contenir un aussi beau château, au plein milieu de la ville, là où personne n’allait jamais la déranger.

Il était une fois une planche à découper, une épée ancienne, un casque en fer un peu rabougri et un manteau ancien, qui étaient aléatoirement entreposés sur un coffre un peu ancien appartenant à l’une des chambres d’un prince quelconque. Le prince quelconque se dénommait Gascolin. Il avait le teint jeune mais le regard usé de celui qui n’a pas effectué les étapes de la vie dans le bon ordre. Il vivait dans un palace immense perdu au fond d’une colline oubliée, derrière la montagne maudite située après le lac aux mauvais esprits, dans cet endroit de la carte que chacun évitait car il paraissait qu’il s’y passait des choses dont tout le monde avait entendu parler et qui ne motivait justement personne à y poser les pieds.

***

Il était une fois l’histoire de Merlin, Lucie et Gascolin. L’histoire d’une citrouille, d’un saphir, d’une planche à découper, et de bien plus encore. Cette histoire, c’est l’histoire de la princesse, du prince et du magicien.

***

Il y a fort longtemps, alors que les histoires n’étaient pas encore écrites, les oiseaux gazouillaient encore paisiblement dans les cieux, sans que personne ne put suspecter un jour que leur chant magnifique ne soit rapporté par une âme quelconque qui en ferait une fable, un conte, un roman ou une chanson. Pendant ce temps aujourd’hui oublié, les princes occupaient leur temps comme ils l’occupent encore aujourd’hui : tout d’abord, à trouver des princesses, à vaincre les étapes complexes qui les séparent du moment où ils peuvent se marier avec elles, à finalement se marier avec, puis à passer le reste de leur existence à profiter de leur vie remplie d’amour, d’eau fraîche, de gâteaux au chocolat et de saumon grillé accompagné de citron et de crème fraîche.

Un jour, Gascolin avait trouvé sa voie. Alors qu’il déjeunait à une taverne, un vieil ermite lui avait appris l’existence du dragon inespéré. « Le dragon inespéré ? » s’enquit immédiatement Gascolin. Et le vieil ermite de lui raconter cette légende, qu’un dragon vilain avait, il y a maintenant vingt ans très précisément, kidnappé une bébé-princesse magnifique pour la garder dans son antre, en jouissant seul du plaisir de pouvoir entretenir une relation, fut-elle de bonne compagnie, avec elle. Et Gascolin, épris de cette histoire émouvante, avait alors entreprit de libérer la belle et soi-disant (mais c’était vrai) jolie princesse du joug de ce dragon maléfique.

Armé de son épée, de son casque et de son manteau, il pénétra la grotte que l’ermite lui avait indiqué. Quelques pas à gauche, quelques pas à droite, un peu plus au fond, ah-mais-on-n’y-voit-plus-rien-allumons-une-torche, ah-c’est-bien-mieux, où-est-donc-ce-dragon, bim ! il tomba nez-à-nez dessus. Il faut dire que Gascolin était beau plus que brave, mais téméraire autant que courageux, et que même si sa compétence au combat contre les dragons n’avait pas encore eu totalement l’occasion d’être développée, il possédait quelques arguments enfouis derrière son amour propre qui lui permettait d’éprouver un plaisir naturel à armer son glaive de la façon la plus adéquate pour venir à bout du dragon récalcitrant.

Et c’est ainsi que Gascolin conquit le cœur, l’âme et le corps de la belle Lucie.

Le prince et la princesse vécurent heureux plusieurs années. Le prince était ravi car sa princesse était magnifique. La princesse était ravie car son prince était son prince à elle. Il l’avait sauvé. Elle ne voyait pas qu’il puisse être quelconque. Il n’était pas quelconque, pensait-elle alors : il était son prince, et cela comptait plus que tout.

Un jour, ou peut-être le jour d’après, passons les détails calendaires, un petit lutin fit son apparition sur le rebord de la fenêtre de la chambre du prince et de la princesse. Par un commun accord, la princesse avait abandonné son château cosy pour habiter, le plus clair de son temps, dans le palace immense de son prince. Derrière la colline oubliée, les lutins pouvaient pour certains habitués faire partie du paysage, de sorte que le prince n’y porta guère attention. Lucie y était un peu plus attentive : un lutin, quand on est habitué à vivre en ville, il faut tout de même avouer que ça n’est pas monnaie courante. Cependant, devant la quiétude de son homme, la princesse décida de ne pas s’en faire, et retourna vaquer à ses occupations comme si de rien n’était.

Le soir suivant, le petit lutin était toujours assis, sur le rebord de la même fenêtre. Le prince n’y portait pas plus d’attention qu’avant. La princesse, sans être inquiète, était pour le moins intriguée, mais continua à décider que le mieux était de ne pas s’en faire.

Le lendemain, le petit lutin était toujours là. Le prince n’y prêta toujours pas attention, pas plus que la veille. La princesse, elle, vit très clairement que, non seulement le lutin était encore là, mais que, cette fois-ci, il était accompagné d’un autre ami lutin. Cela dit, la chose était entendue : il fallait ne pas s’en faire.

Le soir même, les deux lutins regardaient à nouveau le couple princier. Lui n’y prêtait attention. Elle non plus : elle ne s’en faisait pas pour si peu — se disait-elle.

Le surlendemain, pareil. Avec un ami lutin de plus.

Et encore le jour d’après, un autre lutin de plus.

Ainsi pendant plusieurs mois, les lutins s’accumulèrent. Le prince vaquait à ses occupations alors que la princesse avait tout de même des difficultés croissantes à ne plus s’en faire.

Si bien qu’un jour, alors que c’était jour de fête au château, et que des personnalités célèbres de la région étaient invités au banquet, la princesse prit un magicien à part dans son cabinet, pour lui expliquer la situation et lui exprimer tout le tracas que cela pouvait lui poser. Ce soir là, Merlin avait fait l’effort de se rendre en dehors de sa hutte pour venir au château du prince — les charmes de la princesse n’y était cependant peut-être pas totalement étrangers. Ce soir là, la princesse avait mis son écharpe en satin, sa bague en or blanc et ses chaussures de fée. Elle était belle comme jamais.

Le magicien écouta attentivement et considéra cette affaire comme relevant de la plus haute importance. Soudain, il savait quoi faire. Il demanda à Lucie un objet cher à son prince, et un objet cher à lui. Il sortit une courgette, une carotte, et une pomme de terre. Puis, il expliqua. Le lutin décrit par la princesse était une sorte de lutin ancestral, chassé par les démons, dont les pouvoirs maléfiques pouvaient s’étendre au-delà des plaines du royaume ainsi que ceux des royaumes attenant. Pour annihiler son pouvoir, la recette était simple : une courgette pour ramollir sa garde, une carotte pour rendre aimable le sourire du magicien qui allait l’approcher, une pomme de terre pour gommer l’esprit maléfique, et un objet cher à chacune des personnes qui vivant dans la demeure infestée par le lutin, pour fixer l’esprit de celui que cet être maudit devait ne plus approcher.

Lucie tendit la planche à découper de son prince et son saphir à Merlin. Celui-ci posa les légumes, les découpa soigneusement avec le saphir sur la planche, et invoqua un vieux rituel qui fit partir le lutin.

Une fois l’incantation terminée, le lutin était expulsé du château pour de bon.

« — Vous auriez du en parler à votre prince. Mon pouvoir de magicien est certes efficace, mais une bonne épée de prince l’est tout autant, » annonça Merlin.
« — J’ai tenté, mon cher Merlin. Mais il ne m’écoutait pas, » se plaignit Lucie.
« — Pourtant, un lutin, ce n’est pas rien ! » compléta Merlin.
« — Certes, mon cher Merlin, mais pour mon Gascolin, un lutin, ça n’est pas grave », déplora la princesse.
« — Ça l’est pourtant, et vous le savez bien, ma chère Lucie » répondit le magicien.
« — En plus, pour un lutin, j’aurais peut-être gardé ma rancœur ; mais à force de les voir devenir plus nombreux, je n’en pouvais plus, je devais vous appeler : mon cher, vous deviez venir me sauver. »
« — Lucie ? Aussi ravi qu’un homme comme moi puisse être de vous avoir sauvé, je dois vous le dire : il n’y avait qu’un seul lutin. »

***

Première fin : Merlin partit, Lucie oublia Merlin. Comment ça, un seul lutin ? C’est idiot. Elle n’aurait jamais du en parler à Merlin. Gascolin est là pour elle, il l’aurait sauvée bien assez tôt, lui eusse-t-il demandé.

Deuxième fin : Merlin partit, Lucie ne l’oublia jamais. Avait-elle inventé les autres lutins pour se faire sauver par Merlin ? C’est idiot… enfin… Merlin était là pour elle…

Lionne et son ami Marcus

6 juin 2009 — publié par cwis

Certaines histoires sont faites pour être racontées. Certaines le sont pour raviver un souvenir et faire qu’il se transmette. Certaines sont faites pour être vécues. D’autres un peu de tout cela à la fois.

Lionne était une petite fille. Magnifique, espiègle, un peu rebelle mais toujours prête à rendre service, à offrir des cadeaux, à s’occuper de ses proches. Elle avait beaucoup d’amis. Ses parents avaient espéré longtemps avant de finalement réussir à avoir un enfant, aussi étaient-ils très fiers d’elle.

Lise et André avaient de quoi être fiers : Lionne était très toujours adorable et attentionée. Un jour, elle avait offert un magnifique petit chaton à un bon ami. Un autre, elle avait offert pour la fête des mères un magnifique vase fait de ses propres mains, qu’elle avait longuement décoré d’un magnifique décor peint avec d’incroyables détails. Sa maîtresse d’école avait reçue un très joli collier de perles.

Quel dommage cependant que le petit chaton se retrouvât être enragé. Quelle malchance que son père eût fait tombé le magnifique vase celui-ci sitôt posé sur l’étagère. Quelle tristesse que Lionne avait utilisé du thé pour peindre les perles. Comment eût-elle pu savoir que sa maîtresse y était allergique ?

Comme tous les enfants, Lionne faisait parfois des bêtises. Une fois, elle jouait dans la voiture et avait malencontreusement desséré le frein à main ; la voiture était alors partie s’encastrer dans le mur en béton en contrebas. Une autre, elle avait oublié de fermer l’eau de son bain, provoquant une inondation qui a ruiné le parquet. Un jour où elle jouait à l’apprentie-cuisinière, les pompiers étaient même venus éteindre un feu.

Que de mésaventures avec cette voiture neuve, ce parquet fraîchement posé, la maison sous les cendres. La vie de Lionne était ainsi faite.

Lionne avait aussi un ami imaginaire. Il s’appelait Marcus. Elle ne lui offrait jamais de cadeaux. Il ne lui arrivait jamais de catastrophes. Marcus et Lionne avaient cette saveur qu’aucune relation réelle ne pouvait jamais offrir à Lionne.

Marcus discutait beaucoup avec Lionne. De choses. D’autres.

Un matin, Marcus a lancé une idée.

« Et si toutes les actions de bien que tu fais étaient contre-balancées par un événement triste ? »

Par cette idée laconique, Lionne venait de trouver un sens à sa vie. Elle ne faisait que de semer des graines de discordes. Ce faisant, elle créait un vent enchanté qui était à l’origine de toutes les bonnes actions qu’elle faisait. Une fois le vent retombé, les graines touchaient le sol, et toutes ces choses horribles se produisaient.

Une fois cette idée en sa possession, Lionne tenta de confronter cette hypothèse à la réalité. Elle tenta de moins faire le bien : le mal se produisait moins, aussi. Elle tenta de faire un peu de malice : des choses positives arrivaient autour d’elle.

Quelques mois avaient suffit à convaincre Lionne qu’elle disposait d’une sorte de contre-pouvoir terrible : celui de pouvoir faire du bien en faisant du mal, et de faire du mal en faisant du bien. Résolue à limiter les dégâts, elle entreprit alors de ne plus rien faire du tout.

Cela dit, vivre une vie à ne rien faire n’est pas vivre une vie.

Lionne essaya ainsi de trouver un moyen pour mettre fin à sa malédiction. Elle entreprit plusieurs stratagèmes. Tout d’abord, elle essaya de limiter ses actions bénéfiques, dans l’espoir de limiter les actions maléfiques. Ensuite, elle tenta de réaliser quelques actions maléfiques ciblées, dans l’espoir de créer des actions bénéfiques tout en maîtrisant les effets de bord négatifs. Hélas, aucune de ces techniques ne la satisfaisait, car toutes prévoyaient une étape triste où quelque chose de mal serait réalisé.

Première fin.

Lionne se sentit de plus en plus désemparée à l’idée de ne pas pouvoir contrôler sa vie comme elle l’entendait. Alternant les phases dépressives avec les périodes mélancoliques, elle lâcha prise avec la réalité. Seule, triste, abandonnée par tous, elle perdit tout espoir. Concentrant sur sa personne tout le malheur qu’elle pouvait générer, elle ne put jamais remarquer tant elle était repliée sur elle-même que, dans le même temps, elle irradiait de bonheur toutes les personnes qui lui étaient chères.

Deuxième fin.

Lionne se sentit de plus en plus mélancolique à l’idée de ne pas pouvoir trouver de moyen de contrôler sa vie comme elle l’entendait. Alternant les phases tristes avec les périodes détachées, elle perdit progressivement l’envie de maîtriser sa malédiction. Concentrant sur sa vie les actions qu’elle pouvait réaliser, elle ne cherchait plus à savoir si les choses seraient du côté du bien ou de celui du mal. C’est ainsi qu’en perdant sa peur, arriva un jour où elle perdit également l’objet de sa peur. Sans raison d’exister maintenant qu’elle ne craignait plus de faire du mal, Marcus fit un dernier baiser à Lionne et repartit dans le royaume des amis imaginaires, sa malédiction rangée dans une boîte en carton-pâte.

Bibi et super-pouvoir-d’achat gribouillent une carte d’Europe du WE du 1er mai

27 avril 2009 — publié par cwis

Imaginons que vous ayez envie de partir quelque part pour le pont du 1er mai, mais que vous ne sachiez pas vraiment où aller. Las, il ne reste plus que quelques jours avant le fatidique instant : il s’agit de trouver vite.

Mon cher lecteur, je vois poindre une once de curiosité sur votre visage. Laissez-moi récupérer une ch’tite bière au frais avant de m’entretenir avec vous de ce sujet passionant. (Je vous en prie, ne restez pas debout si pantois, prennez-donc siège1 )

Bien. Reprennons.2

Pour cette difficile mission, réfléchissons tout d’abord. Quel moyen de locomotion allons-nous utiliser ?

La voiture

voiture

La voiture, c’est un peu une valeur sûre tant qu’on ne cherche pas à affronter les mers ou les océans.3 L’avantage est de pouvoir facilement y insérer son réveil-matin, sa gourde d’eau fraîche, son Tancarville, son filet de pêche, ses bigoudis et des déguisements divers et variés4 L’inconvénient, c’est qu’il faut avoir le permis. En plus, ce n’est pas très écologique. Vite, passons à autre chose.

Le car

busIl y a bien le car.5 L’avantage, c’est que ce n’est pas cher, et propice aux bonnes rencontres. L’inconvénient, c’est que c’est aussi propice aux mauvaises rencontres, que c’est long, qu’on a mal au dos, et tout ça.6

L’avion

avionAh, l’avion. cet aéronef plus lourd que l’air, entraîné par un organe moteur7.

Le problème de l’avion, c’est que s’il existe sur internet des centaines de sites pour aider ceux qui savent où ils veulent aller à trouver leur meilleure voyage, je ne connais pas de sites qui permette de trouver le meilleur voyage de ceux qui n’ont cure d’où aller.

Je me souviens de la fois où j’étais allé à un guichet Air France pour acheter un vol « le plus tôt possible, et non Mademoiselle, je ne sais pas vraiment où aller, vous me proposez quoi ? »8 La chose n’est pas aisée, et l’est d’autant moins aujourd’hui qu’il y a de plus en plus de compagnie à bas coût9.

Allons, rien n’est impossible. Mettons un peu d’ambiance, et au travail.

Pif.

Paf.

Pouf.

Hop là !

Les destinations à moins de 150 €

Voilà sans plus attendre la fameuse carte des destinations à moins de 150 € aller-retour pour un WE prolongé du 1er au 3 mai, pour un adulte seul. (Quelques remarques suivent plus bas.)

Les destinations entre 150 € et 200 €

Tant qu’on y est, la carte des destinations entre 150 et 200 €.

Les destinations à plus de 2 000 €

Vous en voulez encore ? Celle des destinations à plus de 2 000 €.

Pour ceux qui sont intéressés par les détails, ces prix correspondent au prix du vol le moins cher en Europe et Afrique du nord, aux dates sus-citées, et trouvés par Opodo. Comme vous n’êtes pas sans savoir, Opodo est une filiale du système de réservation Amadeus. Ça veut dire que :

  • Je suis passé à côté des offres référencés sur les autres CRS.
  • Je suis passé à côté des offres promotionnelles que certaines compagnies aériennes ne commercialisent que via certains réseaux. (Par exemple, je suis allé à Barcelone le mois dernier en réservant directement sur le site de Vueling pour 100 € contre 140 € sur le même vol proposé par Amadeus.)
  • Je suis passé à côté du meilleur prix sur certains trajets. Amadeus n’est pas toujours très performant pour combiner une compagnie aérienne retour différente de celle de l’aller (Il y a quelques semaines, j’ai économisé 30 € sur un aller-retour à Monastir. Les deux vols simples étaient pourtant proposés par Amadeus.)

Le classeur Google avec tous les prix pour toutes les destinations est disponible ici.

  1. Profitez, vous êtes chez vous, le mobilier aura été choisi avec le goût qui vous qualifie. Cela dit, si vous n’avez pas pris soin d’investir quelques dizaines d’euros dans un fauteuil confortable, vous êtes prêt pour suivre une formation en Direction des achats ou en Responsable des service généraux d’une PME. []
  2. Vous avez vu ? Chez moi, il s’est écoulé une bière, chez vous, quelques instants. La technologie n’est-elle point passionante, lorsque l’on prend le temps d’observer ces choses incroyables qui échapent bien malheureusement à notre sagacité de tous les jours ? []
  3. Si vous aussi, vous vous êtes toujours demandé la différence entre les mers et les océans, c’est cadeau. []
  4. Je prends certes beaucoup d’objets avec moi, que voulez-vous, je m’attache à eux, à force. []
  5. Une fois n’est pas coutume, l’image du car est cliquable. Cliquez. []
  6. Et aussi, votre hôte n’a pas réussi le test de logique du bus, alors il boude un peu. []
  7. Si, si. C’est comme ça que le définit Wikipedia, en citant Organisation de l’aviation civile internationale. []
  8. J’ai bien mis cinq minutes à convaincre mon interlocuteur que ce n’était pas une farce. Je crois que j’étais allé à Marseille pour un départ à CDG deux heures plus tard (j’étais à Orly). []
  9. Le bas coût n’est qu’une conséquence du bas prix : ne parlons pas de bas prix mais plutôt de bas coût, et si les services marketing des compagnies n’aiment pas, on pourra rétorquer que c’est un coup bas. []